Contre le solutionnisme technologique, l’accompagnement !

Les nouveaux outils numériques

Décembre 2017

Et si le plus important dans les nouveaux outils numériques, c’était l’humain ? Séduites par les promesses d’agilité, de cohésion, d’innovation (pour ne citer que celles-là) que portent les technologies, les entreprises en oublient l’essentiel : l’accompagnement.

C’était en 2013. Après une première tentative ratée, la SNCF lançait la nouvelle version de son RSE. Trop focalisé sur la technologie, l’opérateur ferroviaire avait négligé la communication et l’accompagnement. Au final, l’outil était complexe, mal adapté et boudé par les salariés.

Si la SNCF est l’une des rares entreprises à avoir reconnu son échec, elle est loin d’être la seule à s’être focalisé sur la technologie. L’erreur est classique. Il ne faut pourtant pas céder au solutionnisme technologique et oublier que ce ne sont pas les outils qui vont produire de la collaboration, de l’engagement ou de l’intelligence collective, mais les salariés.

« Ce n’est pas le fait de changer d’instrument qui permet de jouer autrement, c’est plutôt d’avoir de nouvelles partitions », résumait Olivier Bas (Havas). Le changement qu’espèrent impulser les entreprises grâce aux technologies est de plus, assez radical : les politiques RH sont l’exact inverse de la politique participative de décloisonnement qui s’impose aujourd’hui.

Alors quelle solution ? Pour faire des outils numériques des vecteurs de changement, il faut d’abord que les technologies soient adaptées. Cela paraît évident, mais afin que les outils répondent à un besoin réel, il est nécessaire de consulter les salariés et d’analyser les workflows en amont. Ou mieux, de travailler en mode bêta et faire remonter les avis des utilisateurs afin de créer une solution sur-mesure. Cette simple consultation des collaborateurs favorisera l’adhésion au projet.

Il faut ensuite instaurer une culture participative, décloisonnée et en la matière, l’exemplarité de la direction prouve aux salariés qu’il ne s’agit pas d’une lubie passagère. Une culture qui n’est acquise à personne, même pas aux millennials : les usages professionnels et privés sont très différents. Une instance de gouvernance est ainsi nécessaire, l’idéal étant d’avoir une équipe dédiée à l’animation des outils. En effet, managers et RH sont eux aussi touchés par cette réorganisation.

Souvent adoptés sans véritable réflexion sur leur rôle et leur intégration dans le travail quotidien, les outils digitaux restent au mieux des outils de coordination et au pire, des coquilles vides. Aussi performante que soit la technologie, les moyens humains restent encore indispensables.


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